12 septembre 2000
Houllier enterre Domenech
Semaine très indigeste pour Raymond Domenech. Après s’être retrouvé au coin avec le bonnet d’âne décerné par l’UEFA, le sélectionneur national vient de prendre un nouveau coup de boule en pleine poire, une claque magistrale signée Jean-Pierre Escalletes, le président de la Fédération Française de Football. Son meilleur ennemi, celui dont les provocations l’agacent considérablement, lui a chipé le trône tant convoité. La mine abattue, ne reste à ce pauvre Raymond la science que les bras d’Estelle pour pleurer.
C’est Jean-Pierre Escalletes qui a décidé de mettre fin au secret de polichinelle en confiant au Parisien que Gérard Houllier serait intronisé Directeur technique national (DTN) en fin de semaine : «La décision sera prise vendredi. C'est à l'ordre du conseil fédéral, sauf imprévu de dernière minute, c'est le bon moment pour annoncer la décision.» Libre comme l’air depuis qu’il n’est plus aux commandes de l’Olympique Lyonnais, Gérard Houllier avait toujours laissé la porte ouverte depuis le départ, fin décembre 2006, d’Aimé Jacquet, l’ancien «titulaire» au poste, pendant que Jean-Pierre Morlans assurait l’intérim. Houllier touchera ainsi un salaire mensuel d’un peu plus de 26 000 euros sur 14 mois. En outre, celui qui connaît bien le poste pour l’avoir exercer entre 1989 et 1998, ne pourra pas cumuler le rôle de consultant pour la télévision. «DTN, ce n’est pas n’importe quoi, ni n’importe qui. Il y a le sélectionneur, l’équipe de France et le football en profondeur, qui permet une continuité dans les résultats et la formation (…) C’est un choix qui nous engage sur dix ans.» clame haut et fort Escalletes.
Raymond Domenech – qui ne fait pas n’importe quoi et qui n’est pas n’importe qui - caressait le doux rêve de cumuler plusieurs mandats et ainsi devenir le « dictateur » du football français. Pourtant, sa candidature fût balayée du revers de la main par Escalettes, pour qui le cumul de ces deux fonctions à haute responsabilité est tout simplement inenvisageable. Vexé comme un pou, et adepte du TSH (le Tout Sauf Houllier) le sélectionneur des Bleus avait alors pris ouvertement parti pour le DTN intérimaire. «Il existe une meilleure solution que moi : c’est Jean-Pierre Morlans. C’est la meilleure solution et il n’y en a pas d’autres. Se priver de ses compétences maintenant serait une faute», avait-il déclaré en août dernier. Ce à quoi Escalettes a répondu mardi : «Ce sera une décision qui sera peut-être une erreur mais certainement pas une faute.»
L’ambiance à la tête du football français risque d’être très chaude entre deux clans déjà bien distincts. Mais n’oublions pas que quoiqu’il arrive, il ne faut jamais enterrer le phœnix Domenech, même seul contre tous, il peut à tout moment renaître de ces cendres. La preuve en image: