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19 novembre 2006

Kader Keita, précieux ivoire

kIl est l'une des stars de notre championnat, avec les Ribèry, Juninho et Pauleta. En l'espace d'une saison, Abdelkader Keita a conquis les supporters du LOSC et de France par ses déboulés côté droit, ses dribbles fantaisistes et sa vitesse de course.

Pourtant, le parcours de ce joueur atypique est à son image, chaloupé et pleins de contre-pied.

Né le 6 août 1981 à Abidjan, Kader Keita montre dès son plus jeune âge un réel talent pour le football, et sa capacité à dribbler et éliminer n'importe quel adversaire interpelle l'oeil des recruteurs. Mais pas facile de se créer une voie de carrière en Afrique, où la formation n'existe (pratiquement) pas, et où les joueurs de talents sont exposés aux promesses (souvent farfelues) d'agents pas très academiques. Keita va se révêler en Côte d'Ivoire à la fin des années 90, à l'Africa Sport National. Après y avoir remporté un championnat et une coupe africaine des vainqueurs de coupe (1999), il s'expatrie en Tunisie, où il est l'objet d'un litige entre 2 clubs : L'Entente Sportive de Tunis et l'Etoile Sportive du Sahel. C'est ce dernier club qui l'engage finalement et "Popito" Keita se dévoile aux recruteurs internationaux.

Le chemin de l'Europe lui semble grand ouvert. Pourtant le choix de celui que l'on qualifie d'ingérable et de joueur "à problèmes" va prendre tout le monde à contre-pied. ce sera le Qatar et Al Saad, l'Eldorado du football. Les clubs européens se mèfient dès lors de ce "dribbleur fou", aussi imprèvisible sur le terrain que dans ses choix de carrière. Il développe l'image d'un joueur à l'hygiène de vie incompatible avec le haut de niveau, un homme attiré par l'appât du gain et privilégiant l'argent à une carrière européenne.

C'est malgé tous ces clichés et vérités que les dirigeants du LOSC s'interessent à l'ailier droit ivoirien.

Claude Puel, qui avait visionné des vidéos sur l’intéressé, avait été séduit par sa force de percussion. « Un artiste pas structuré pour moi, capable de créer des brèches dans les blocs défensifs adverses », souligne le responsable lillois. Jean Luc Buisine, responsable de la cellule de recrutement lilloise, fera, sous l’impulsion de son coach, trois séjours au Qatar, pour faire connaissance avec un individu, aux dires des dirigeants d'Al Saad, ingérable et pas très discipliné.

Pourtant, Jean Luc Buisine rencontre un joueur charmant, attachant… « Qui avait surtout envie de quitter le club où il jouait, et se relancer sur le marché européen », poursuit Buisine. « On s’est accroché à ce dossier-là, on a pris beaucoup de risques ». Encore fallait-il négocier avec l’oncle du joueur, son agent en fin de compte, et le Prince du Qatar, propriétaire du club. C’est Bora Milutinovic, l’entraîneur d'Al Sadd , qui a débloqué le dossier en posant un ultimatum à ses dirigeants. « C’est Keïta ou moi ! », tant les relations entre les deux hommes s’étaient dégradées.

Claude Puel le reconnaît encore aujourd'hui. Rien n'assurait la réussite de Keita au LOSC. Il fallait le mettre dans de bonnes dispositions, et lui devait, de son côté se mettre au service du groupe et se fondre dans un collectif. Il faut environ 6 mois au "diamant brut" pour retrouver son niveau et intégrer le groupe des Dogues. Depuis le début d'année 2006, l'ascension de Keita est fulgurante. Titulaire indiscutable sur le flanc droit lillois, il multiplie les perrformances de grande classe et permet à son équipe de finir dauphin de l'OL en championnat, et de disputer ainsi la Ligue des Champions. Dans la foulée, il participe à la Coupe de Monde avec la Côte d'Ivoire, où il est l'une des bonnes surprises de l'équipe d'Henri Michel. Malgré l'élimination dès le premier tour, Keita est révêlé au monde entier et désormais suivi par les plus grands clubs européens.

Mais c'est avec le LOSC qu'il reprend la saison, et son talent éclabousse de nouveau une Ligue 1 bien pauvre en joueurs de grande classe. Mais, aussi triste que cela puisse paraître aux yeux des supporters lillois, l'avenir de "Popito", le précieux ivoire, s'inscrira probablement par une migration vers un grand d'Europe.

A condition qu'il ne retombe pas dans ses travers passés...

MB

Posté par mbadakhch à 17:07 - - Portrait - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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